Hallo toutes et tous !
Pour les besoins de notre cher Doddy (de belles plaquettes de freins toutes neuves —bah oui, c’est qu’ça commence à causer tous ces kilomètres… presque 40 000 !), nous voici débarqués quelques heures à Amstetten, réputée pour être une simple ville « de passage » entre Vienne et Salzbourg…
Imaginez-nous, errants d’un café de supermarché à un centre-ville, triste et pauvret, en attendant de récupérer notre super calèche. Pas beau à voir.
Heureusement, sur une illumination subite, Ewa vérifia si une bibliothèque était ouverte. Bingo, alignement des étoiles.
Allons faire un tour du côté de la Stadtbücherei d’Amstetten.



Bon déjà, on ne la trouvait pas !
Non, on ne fait pas exprès (tout de suite), le GPS n’indiquait pas le bon endroit ^^ (l’importance d’une bonne signalisation…) Mais bref, une fois sur la bonne piste, nous voilà doublement désarçonnés : la bibliothèque est perdue au sein d’un complexe de bâtiments, allant de l’administratif à l’immobilier, en passant par la Polizei. Désarçonnant, mais pourquoi pas.
À nous la quiétude des lieux, l’odeur des livres et…






NON NON NON !
Nous tombons en plein accueil d’un groupe scolaire. Pour une séance, somme toute, mémorable (mais qui semble tout à fait habituelle au personnel présent) : brouhaha sans nom pendant que la bibliothécaire tente de lire un ouvrage, course dans les escaliers (avec risques et périls), jeux sous les étagères, enfants étalés en plein milieu du passage, et enseignants (muets/cachés) au café.
Les bras tombés, la bouche grande ouverte et les yeux lançant des éclairs, c’est un demi-tour ferme pour Ewa. Attendons qu’ils partent pour refaire un tour (ce qui ne tarda pas, non sans distribution au passage de bonbons par les équipes de la bibliothèque). Effarée et sans son latin — perdu depuis un bail — Ewa retente un passage. Le calme revenu n’altère pas le premier ressenti. L’absence de lumière naturelle au rez-de-chaussée (cet aspect jaunâtre) est rédhibitoire, et l’étage paraît tout serré malgré quelques tentatives de touches cosy. Nous n’échangeons pas avec les collègues autrichiennes qui semblaient surprises de notre tête lors de notre première sortie…
Cette bibliothèque restera dans les annales du voyage, mais pas pour les bonnes raisons. Dommage.





Trêve de scandale, enfourchons, enfin démarrons le Doddy fin prêt et cap sur notre objectif du jour : l’abbaye de Melk (oui, oui, encore une abbaye, mais pas des moindres, promis).






Il s’agit d’un vaste monastère bénédictin baroque situé sur un éperon rocheux dominant le Danube, en Basse-Autriche. On le voit de loin, celui-là, 6 km à la ronde !
Fondé au XIᵉ siècle par la maison de Babenberg, l’endroit est rapidement devenu un centre spirituel et culturel majeur de la région, puis du pays. Son édifice actuel, construit au XVIIIᵉ siècle (après la quasi-destruction complète des anciens bâtiments pour une harmonisation parfaite…) est célèbre pour sa façade monumentale et son église richement décorée (on verra ça à la toute fin de l’article).



De jolies vues en jolies vues, nous découvrons d’abord la partie musée (avec une superbe scénographie, moderne et toute en transparence), une maquette plus que réaliste, tournoyante et surmontée d’un grand miroir, puis la salle des marbres, qui n’a pas à rougir de son p’tit côté versaillais.




Et enfin, voici LE clou du spectacle !!!
Vous l’attendiez (foule en délire que vous êtes), on vous l’avait promis, à demi-mots. Elle est ici : une bibliothèque d’abbaye ! Et pas n’importe laquelle, digne de nos imaginaires…
C’est tout simplement l’une des plus célèbres bibliothèques d’Europe centrale, réputée pour son style baroque et ses fresques de Paul Troger. Elle conserve plus de 100 000 volumes, dont de nombreux manuscrits médiévaux et incunables précieux. Son décor somptueux, ses trompes-l’œil et ses passages secrets que l’on devine, ainsi que son rôle de centre d’étude, reflètent l’importance intellectuelle de l’abbaye à travers les siècles. Et ce, encore aujourd’hui.
Pour vous, chers YüBi’s, rien que pour vous (non, mais admettons ^^), nous avons bravé l’interdit et pris quelques photos discrètes (concurrence directe aux ventes de la boutique, pas bien…). Profitez autant que nous, le spectacle vaut bien le prix d’entrée.









L’heure du conte autrichien sonnera, elle, sous la forme la plus évidente qui soit : une horloge. L’horloge des saisons.
Attention : ce conte est de tradition orale, il n’est pas spécifiquement relié à un lieu précis ou à une géographie particulière, et peut donc prendre place partout en Autriche. Situons-le ainsi, et pour faire sens, à Amstetten (et gageons de redonner un peu de noblesse à cette « drôle de ville »)…

Un vieil homme à l’allure de moine arriva un jour à Amstetten. Il ne se disait ni prêtre ni marchand, mais « gardien du temps et des choses ». Dans une charrette, il transportait une horloge étrange, faite de bois sombre et de pierres colorées. Il expliqua aux habitants qu’elle ne donnait pas l’heure mais le rythme des saisons : quand semer, quand récolter, quand laisser reposer la terre. Pendant des années, le marché d’Amstetten prospéra. Les champs donnaient plus qu’ailleurs, et même le vin du Mostviertel n’avait jamais eu aussi bon goût.
Puis, du jour au lendemain, l’homme disparut en direction du Danube, laissant derrière lui son horloge arrêtée. Un jeune apprenti charpentier suivit sa piste jusqu’à l’abbaye de Melk, pensant y trouver des réponses. Dans la bibliothèque, il découvrit un vieux manuscrit qui décrivait le mécanisme : « L’horloge n’indique pas l’avenir. Elle se règle sur le cœur de ceux qui l’observent. »
Le jeune homme rentra à Amstetten, remit en marche l’horloge et, depuis ce jour, on dit qu’elle tourne encore… mais seulement pour ceux qui regardent les saisons avec patience.

Terminons ce long article sur ces quelques images du chœur de l’église de l’abbaye de Melk, sans fioritures, tout en finesse et non surchargé ^^
Blague à part, des trésors qui, en tout cas, attirent chaque année de nombreux visiteurs venus du monde entier.
On se retrouve demain pour un dernier jour autrichien.
Rendez-vous à Wien !









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