~ Slovénie verte, bibliothèque grise ? À moins que…

Alors oui, le temps ne s’y prête absolument pas aujourd’hui. On le reconnaît.
Donc justement, pourquoi ne pas faire un tour en bibliothèque ?

Le choix slovène se porte sur la Goriška knjižnica Franceta Bevka, la bibliothèque centrale de Nova Gorica (ville slovène moderne, née après la Seconde Guerre mondiale, à la frontière italienne).

La bibliothèque doit son nom à l’écrivain et académicien France Bevk, figure majeure de la littérature slovène. Ce qui frappe de prime abord, et rarement vu jusqu’alors en Slovénie : l’abondance du béton, l’effet très minéral des lieux, l’aspect peu végétalisé des alentours (certes renforcé par la pluie battante du jour et un ciel de plomb).

Il paraît que le bâtiment aurait la forme d’un livre (on n’a pas pu vérifier…).
Ne nous laissons pas décontenancer et entrons !

Saluons, au passage, le dispositif de lockers (consignes automatiques) mis en place pour permettre à ceux ne pouvant pas se rendre à la bibliothèque sur les heures d’ouverture, de venir récupérer leurs réservations en toute autonomie.
On comprend mieux tous ces petits paquets kraft croisés ici et là, à l’intérieur ^^

L’entrée tout en gris et effet marbre accentue notre première impression. Le bois de quelques éléments ne tend pas à adoucir les lieux, un peu sombres d’ailleurs dès que le temps décide de donner le ton…

Immédiatement à droite, le « coin » enfant. Nous voici plus dans notre élément. Documents à foison, mobilier plutôt adapté, etc., il y a moyen de se sentir bien ici (hormis notre petite gêne de « couinage » sur le sol, eh oui, chaussures mouillées et lino ne font pas bon ménage ^^). C’est chaleureux, éclairé, gai.

Quelques pépites nous font sourire : ici, on prête toujours des VHS ! Et le célébrissime « Où est Charlie ? » ne s’appelle pas Charlie en version slovène (qui l’eût cru…).

Pour l’heure du conte, nous sollicitons l’aide du bibliothécaire jeunesse présent (seul homme occupant cette fonction, d’ailleurs, rencontré durant le périple jusqu’à maintenant), l’adorable et serviable Nikola Aleksej. Il nous recommande ce recueil de contes traditionnels et illustrés, qui présente plusieurs histoires typiques du folklore slovène. Nous choisissons celle du Berger.

Un jour, en longeant la mer, un jeune berger d’Istrie aperçut trois jeunes filles endormies au soleil. Ce qu’il ignorait, c’est qu’il s’agissait de fées. Touché par leur vulnérabilité, il décida de leur offrir un peu d’ombre en disposant des branches touffues d’un tilleul voisin. À leur réveil, les trois belles se demandèrent qui avait eu la délicatesse d’un tel geste. Le berger, timide, resta muet. Mais les fées ne sont jamais dupes : elles devinèrent aussitôt le nom de leur bienfaiteur. Pour le remercier, elles lui proposèrent un cadeau et lui demandèrent ce qu’il désirait.

Le jeune homme, toujours intimidé, répondit qu’il ne voulait rien. Alors, elles lui offrirent une bourse pleine d’or. Mais l’or n’avait aucun attrait pour lui :
L’or, c’est mort. Moi, ce que j’aime, c’est la vie… comme mon bétail, osa-t-il murmurer.
Les fées sourirent :
Soit. Quand tu rentreras chez toi, tu entendras derrière toi une litanie de cloches venues de la mer. Surtout, ne te retourne pas avant d’être arrivé.

Puis elles disparurent. Le berger reprit son chemin. Bientôt, des cloches résonnèrent dans son dos, de plus en plus nombreuses, de plus en plus pressantes. Mais à deux pas de chez lui, la curiosité l’emporta : il se retourna.
Alors il vit surgir de la mer une armée d’animaux : moutons, chèvres, vaches… Ils accouraient pour rejoindre son troupeau. Mais à l’instant même où il posa les yeux sur eux, le flot s’interrompit. Les bêtes déjà sorties changèrent de cap et s’éparpillèrent vers d’autres troupeaux.

S’il avait contenu son impatience, il aurait eu des centaines d’animaux. Au lieu de cela, il ne garda que son maigre troupeau… Ce qui, finalement, lui suffisait. Tant et si bien qu’il alla jusqu’à offrir la bourse d’or, toujours intacte, à ses voisins les plus pauvres.

À vous de choisir la morale : la patience, la modestie… ou la vraie richesse des choses simples.

Aaaaah, en fouinant un peu, nous dégotons ce fameux « vert », plus discret que jamais mais bien présent !

Pas comme d’habitude, non, mais sous une autre forme : une grainothèque (comme à l’Uni’Vert) !

Et, au vu de l’achalandage, la proposition semble avoir trouvé son public 🙂

Nous finissons le tour des lieux par un rapide saut chez les adultes. Nous sommes un peu moins séduits. L’aspect spacieux, certes, ne parvient pas à gommer le reste (ces matériaux assez froids), ni les quelques colonnades alentour, qui, aux dires de nos interlocuteurs, auraient pu servir « d’inspiration » à notre bibliothèque préférée du voyage (Rijeka – Croatie).

Une nouvelle journée bien agréable, à la slovène ^^, qui s’est soldée par des tâches du quotidien bien moins palpitantes mais hautement nécessaires…

Ce soir, nous dormons en Italie !
Eh oui, de retour dans le parc du Triglav, le camping sauvage y est strictement interdit. Donc, on s’adapte. À demain !

2 responses to “~ Slovénie verte, bibliothèque grise ? À moins que…”

  1. Avatar de annie berteaux
    annie berteaux

    Moi elle me plaît bien cette bibliothèque, l’intérieur, le gris ne me choque pas. L’espace enfant est aussi très sympa.., je ne connaissais pas la « grainotheque ».Et puis ce petit conte, toujours bienvenue. La vraie richesse des choses simples, le termine parfaitement. Donc à demain en Italie 🇮🇹

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    1. Avatar de yubibeajin

      La section enfant était très bien achalandée, c’est vrai. Mais le marbre gris faisait un peu froid… La grainothèque c’est trop chouette, à l’Uni’Vert nous proposons une plus petite. Certains adhérents sont fans et déposent des graines. Vous avez la main verte, Annie ?

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C’est nous !

Yüna, Bichou, Ewa, Yann et Doddy. On embarque pour quelques mois ensemble, direction l’Europe ! Au programme : une douzaine de pays. Un vrai périple qui s’annonce mouvementé et plein de rebondissements.