Certains diraient que le sort s’acharne.
D’autres, que ce sont les aléas du voyage.
Nous, on dit : la guigne ! (Restons polis, tout de même).
C’est vrai qu’après « l’épisode Yüna en Grèce », nous pensions avoir eu notre quota de cailloux dans la chaussure, comme qui dirait. C’est bon, on a donné, hein, niveau pépins. Que nenni ! Ne jamais dire jamais, ne baissons pas la garde, malheureux…
Un peu too much, vous trouvez ?
Mais c’est ainsi, le mélo se glisse dans nos vies : Doddy aime trop la Bulgarie. Il ne veut plus partir. Une durite (doublement) percée fera l’affaire (bim !),
et immobilisera l’équipe pour quelques jours, dans l’attente de la pièce à changer (évidemment). Na !


Perfide destrier…
C’est qu’il aurait pu choisir un coin plus sympa que Varna (Варна) pour ses projets, quand même.
Troisième ville du pays par sa taille et sa population (mais bien loin d’être la plus jolie, comme nous aurons tout le loisir de le constater plus tard), Varna mêle plages, vestiges antiques et ambiance cosmopolite.
Surnommée la « capitale maritime », elle séduirait autant les vacanciers que les amateurs de culture… Vérifions de suite.
Il y a quelques jours, nous vous promettions un tour en bibliothèque, qui, rappelez-vous, nous avait été honteusement refusé.
Nous retentons donc l’expérience aujourd’hui avec la Bibliothèque régionale Pencho Slaveykov (Регионална библиотека „Пенчо Славейков“ – отдел „Детски и средношколски“).
Première chose à savoir : les collections sont éclatées ici et se trouvent sur diverses antennes, éparpillées dans les méandres de la ville (oui, nous garderons ce ton mélodramatique ^^).
Ce qui explique que nous ne verrons que l’espace enfant dans cet article, celle qui, de fait, nous intéresse en prime.

Alors au début, on est mal.
La façade, déjà… Mais passons (les goûts et les couleurs).
Et puis : « qu’est-ce qu’on fiche dans ce réduit ? » Pour une bibliothèque enfant, on repassera.
Les bibliothécaires présentes ne parlent pas un mot d’anglais, et à notre traditionnelle demande d’un conte traditionnel : yeux éberlués, apparemment, le traditionnel ne fait pas tilt…


Heureusement, l’une d’entre elles décide de « se débarrasser de nous » en nous conduisant auprès de la douce Darina, qui, littéralement, sauvera cette journée. ❤








Nous ne mentirons pas : il y a beaucoup de livres, mais pas en super état, pour un espace (très) restreint, ancien…
Mais Darina est tellement adorable, de bonne volonté, passionnée, que l’on se laisse séduire par son sourire et on la suit.
Elle non plus ne répond pas à notre demande de conte (pur et dur), mais nous glisse, en revanche, des biographies des « plus grands héros du pays ».
Intéressant de constater où se situe le curseur du mythe fondateur, en fonction du pays et de son histoire où l’on se trouve…




C’est la première fois, aussi, que nous reconnaissons peu de titres. Malgré tout, certains se distinguent.
Et après quelques recherches, voici notre conte bulgare : Le vieux paysan et le merle (Старецът и косът / Starétsat i kósat) — sur la colonne de gauche, dernière photo, recueil d’Angel Karaliychev.





Il était une fois un vieux paysan qui travaillait dur dans son champ, du matin au soir. Un jour, alors qu’il retournait la terre, il trouva un petit merle prisonnier d’un filet.
Le merle, affolé, le supplia :
— Laisse-moi partir, bonhomme ! Je te le rendrai au centuple !
Le vieux paysan sourit.
— Et que peut bien m’offrir un petit oiseau comme toi ?
— Je connais un secret. Si tu me libères, je te le dirai.
Curieux, le paysan libéra l’oiseau. Le merle s’envola sur une branche et lança :
— Voici mon secret : ne pleure jamais pour ce qui est perdu, ne crois pas ce qui est impossible, et ne te fie pas à des promesses creuses.
Le vieux fronça les sourcils.
— C’est tout ?
Le merle ricana :
— Et toi, tu voulais quoi ? De l’or ? Un trésor ? Tu vois, tu as pleuré ma perte, tu as cru à l’impossible, et tu t’es fié à ma promesse creuse. Et l’oiseau s’envola, laissant le paysan songeur… et un peu plus sage.
La sagesse ne se trouve pas toujours dans ce qu’on reçoit, mais dans ce qu’on comprend…

L’image du soir, bonsoir.
Ça se gâte…
Et nous sommes toujours en Bulgarie !
Le sort, les aléas, la guigne…
MAIS TOUT VA BIEN !









Répondre à distinguished224ba176ae Annuler la réponse.